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Histoire des Siamangs:

Née de la rencontre de Jeunes gymnastes et trampolinistes et de deux anciens trapézistes étoiles. Gaston BARTH avait travaillé chez les « ALEX » avant la première guerre mondiale et Lucien CHAPELLE plus tard entre les deux guerres a commencé chez les « Algévols » et les « Alizés ».

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Leur mémoire nous fut précieuse dans un sport où la transmission est orale, en effet, en s’étant produits dans les meilleures troupes du début du siècle (les Alex, Les Alexims, les Algévols, Les Alisés…), ils se souvenaient de techniques qui avaient été oubliées par leurs successeurs et ont pu nous transmettre ce précieux patrimoine. L’association a été créée à l’occasion du spectacle « Coup de foudre et charivari » qui s’est produit 3 mois puis nous nous sommes produit au centenaire du cirque d’Amiens et en région parisienne.

L’association loi de 1901 a été créée en janvier 1991 dans les Hauts-de-Seine où elle a eu ses activités régulières (stade Yves du Manoir à Colombes, Cirque de Paris et Ecole de cirque Les Noctambules à Nanterre). Depuis 1998 l’association est basée à Marges (Drôme) avec un ensemble de portique sur filet, et un sur fosse de blocs de mousses. L’association dispose aussi un ensemble itinérant de portiques, démontables qui nous permet de faire des animations et spectacles partout en France (et en Europe). Les adhérents sont plus de 300, 50 viennent très régulièrement, mais près de 700 personnes s’y sont essayées. Nous avons donc touché l’année dernière plus de 1000 personnes.

De nombreux professionnels du trapèze volant ou des disciplines aériennes, ainsi que des élèves en formation professionnelle et les autres écoles de trapèze volant comme Rosny sous Bois et les écoles de Bruxelles viennent s’entraîner chez nous.

Plusieurs animations et stages, ces dernières années, à La FOUX D’ALLOS, LA JARJATTE, SAINT ETIENNE, Centenaire de la traversée de la manche par Louis Blériot à SAINT POL sur TERNOISE, la fête des Sports de la ville de GENEVE, les fêtes des villes de LA CRAU, ANNONAY, VILLEFONTAINE, ANTIBES, VENISSIEUX, MOISSY CRAMAYEL, Récemment pour la société Suez, Chalenge « Group-Spirit » et à MÂCON pour le festival « X’pression urbaines » en 2010 nous avons effectué une animation comprenant des spectacles et des séances de baptêmes.

L’activité de l’association est en constante progression et a permis de créer un emploi en 2009 et un second en 2014. Nous avons comme projet dans les prochaines années de construire un carrousel de trapèze volant pour une vingtaine de voltigeurs afin de multiplier le plaisir des spectateurs et des trapézistes.

L'innovation ininterrompue:

Depuis sa création, les Siamangs n’ont pas cessé de créer et d’adapter pour améliorer la sécurité, l’apprentissage et le confort, innovations qui ont été reprises par d’autres écoles de Trapèze volant. On peut citer les amortisseurs qui assouplissent le filet, le toboggan pour descendre du filet, les réglages des pieds de poteaux, la petite plate-forme, la fosse de cube de mousse adaptée au trapèze volant, la bavette de fosse, les plates-formes réglables etc...

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Nous avons particulièrement développé un matériel pour l’apprentissage qui privilégie la sécurité. C’est notamment les systèmes d’amortissement des chutes dans les filets ou en fosse qui ont été améliorés. Des plates-formes pédagogiques aussi ont été inventées pour faciliter l’apprentissage. Grâce à ces innovations techniques, le savoir des anciens et à notre formation en gymnastique et trampoline, l’apprentissage du trapèze volant a pu être révolutionné ; autorisant, le plus souvent, à s’affranchir des longes, et ouvrant sa pratique à tout le monde.

Liste des innovations dont les Siamangs sont à l’origine :

La canne à pêche, elle permet grâce à son crochet en bout d’attraper le trapèze ou les longes depuis la plate-forme permettant un gain de temps considérable.

Les pieds de poteaux réglables, en adaptant les étais de maçon aux pieds de poteaux nous avons permis de faire des montages sur des terrains qui ne sont pas horizontaux sans utiliser les cales qui sont peu pratiques et parfois dangereuses.

Le niveau d’eau à 8 niveaux permet dans toutes les conditions d’avoir des portiques parfaitement horizontaux sans manipulations complexes et fastidieuses, il remplace avantageusement le niveau-laser qui peut devenir invisible par grand soleil tout en étant moins précis et plus cher que notre niveau d’eau.

La fosse en cube de mousse qui a remplacé la fosse de sciure : Elle permet d’aborder les nouvelles figures sans longes en sécurisant les chutes. L’adjonction d’un filet souple en dessous permet de diminuer la quantité de blocs de mousses tout en améliorant l’absorption.

La bavette de fosse permet d’assurer la sécurité de la fosse sans être obligé de l’agrandir démesurément. En plus c’est un signe fort, lorsqu’on s’en approche, qu’on a avancé de façon excessive.

La plate-forme pédagogique surbaissée elle permet d’assurer une continuité entre l’échauffement au sol et au trapèze fixe avec les passages à la plate-forme habituelle. On peut ainsi commencer à placer les fouettés dans les balancers, à faire des éducatifs pour les différentes figures et commencer les chutes sans longe. C’est un outil pédagogique fondamental assurant une progressivité dans l’apprentissage.

Les plates-formes surbaissées amovibles permettant sur un même matériel de pouvoir faire toute une séance avec un apprentissage et un entraînement très progressif.

Les plates formes réglables (comme un tiroir) qui permettent d’adapter les distances pour des enfants et des adultes sans une manipulation longue et fastidieuse. Grâce à ces plates-formes qui peuvent s’avancer, les enfants peuvent se débrouiller tout seuls sans l’aide d’adulte et ce réglage favorise leur autonomie rapide. Le recul permet aux grands de ne pas toucher la plate-forme et l’avancé aux moins grands de ne pas être complètement étiré au départ et facilite le retour sur celle-ci.

L’école Française de Trampoline nous a appris l’effet nocebo important lorsque l’on quitte les longes et la manière de l’éviter qui consiste à envisager l’apprentissage sans longe. Il a fallu donc trouver des substituts comme la fosse et assurer la sécurité du filet avec les améliorations suivantes :

L’amortissement du filet par des ressorts et des amortisseurs permet d’utiliser un filet plus résistant que l’on sollicite moins dans son domaine élastique tout en augmentant la souplesse et la capacité d’absorption. Nos filets deviennent extrêmement sécurisant tant par leur souplesse que par leur solidité (nous n’avons pratiquement jamais de trou dans nos filets même au moment où de les changer). Les ressorts en acier utilisés en compression sont bien plus sécurisants que des sandows dont la durée de vie est plus courte et dont la rupture entraîne l’inefficacité immédiate et catastrophique du filet.

Le filet sans rebond ; en supprimant le rebond du filet on diminue par deux l’énergie que le filet communique au voltigeur lors de la chute or c’est cette énergie qui, en cas de mauvaise chute peut provoquer des blessures.

Un filet monté haut ; en montant le filet au plus haut on diminue la distance de chute et donc l’énergie emmagasinée pendant cette chute. Cela permet aussi d’avoir un filet qui s’enfonce sur une plus grande hauteur.

Avec un filet souple en plus, on diminue d’autant la force impact en augmentant la distance pendant laquelle cette force s’applique (l’énergie ou le travail = force x distance). Le toboggan permet une descente ludique et sécurisante du filet comme les sorties de secours d’un avion.

En préparation : Un carrousel de trapèze volant qui permettra de faire des spectacles avec une trentaine de trapézistes en même temps afin de créer de nouvelles chorégraphies aériennes, des plates-formes à bord escamotable afin de protéger les voltigeurs lors des premières rattrapes mal maîtrisées.

Toutes ces innovations montrent que notre association n’est pas un lieu où l’on copie bêtement des méthodes vieillottes, mais une école où on réfléchit à la technique et au matériel afin de remettre en cause sans arrêt tous ce qui peut être dangereux et de faciliter la progression en vue d’améliorer la sécurité, l’apprentissage et le confort.

Des stages et des cours toute l’année :

Nous sommes la seule école ouverte toute l’année qui peut accueillir 15 personnes sur les 6 plates-formes des 3 lignes de trapèze volant montées en permanence. Il est possible de venir faire du trapèze tous les week-ends à Margès dans la Drôme.

Un cadeau original

Pour Noël, un Anniversaire ou simplement faire plaisir offrez un cadeau original, apprécié, ludique, extraordinaire, biodégradable, un stage de Trapèze Volant

« Le trapèze volant ! C’est pas pour moi ! »

Mais si ! De 8 ans à 88 ans, vous pouvez venir essayer en toute sécurité, venir vous faire plaisir, découvrir de nouvelles sensations, ressentir des émotions que vous n’aviez même pas imaginées.

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La grande majorité des stagiaires a entre 15 et 35 ans, mais il y a des enfants à partir de leur huitième année et même certains qui font de la gymnastique arrivent à bien profiter des cours à 6 ans et demi. De même ceux qui nous ont initié au trapèze volant avaient à l’époque 92 ans et 75 ans donc il est possible de faire du trapèze volant bien après l’age de la retraite. Nous avons des personnes de plus de 60 ans qui viennent régulièrement.

Notre association accueille souvent des familles dont les enfants et les parents pratiquent le trapèze volant. En étant le plus souvent en suspension le trapèze volant est assez peu traumatisant pour le corps et c’est une discipline que l’on peut pratiquer à un bon niveau jusqu’à 50 ans voir plus pour certains.

Nous avons deux fois plus de filles que de garçons, plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce fait : la gymnastique aux agrès est pratiquée par plus de filles que de garçons et ce sont des disciplines proches. Les garçons ont beaucoup d’autres sports extrêmes à pratiquer. Le trapèze fait peur et, à notre époque et dans notre culture, une fille peut montrer qu’elle a peur sans être dévalorisée, pour un garçon, il faut avoir une grande confiance en soi pour accepter de se mettre dans une situation où l’on peut montrer qu’on a peur. Mais tous ceux qui ont dépassé ce stade y ont pris beaucoup de plaisir.

Des animations dans votre Ville :

Nous pouvons nous déplacer avec notre matériel pour faire un spectacle ou faire essayer le public au-dessus du filet ; une expérience inoubliable !

Histoire du trapèze volant

Le trapèze volant a été inventé en 1859 par Jules Léotard, gymnaste Toulousain dont le père, élève d’Amoros, avait une école de trapèze.Les premières représentations ont eu lieu au cirque d’Hiver avec comme protection des banquettes bourrées de foin.

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Il était pratiqué dans les salles de gymnastique, qui étaient des préparations militaires, tout comme l’Athlétisme, l’Haltérophilie ou le Tir. Avec l’avènement du mouvement Olympique, ces disciplines se sont développées au sein des Fédérations Sportives, mais le Trapèze bien que pratiqué jusque dans les années 40 dans certains gymnases (La Vaillante de Clichy, l’école de Police jusqu’en 1979) ne sera considéré que comme discipline de cirque. C’est vers les années 80 que le Club Méditerranée l’utilise comme une activité de loisirs.

Le trapèze volant de trapèze à trapèze (bâton-bâton) s’est développé jusqu’à la moitié du XXème siècle il a eu son apogée au début du siècle avec les Alex et les Rainats. Il y a en effet, deux sortes de trapèzes volants :

Le bâton-bâton qui consiste à passer d’un trapèze à l’autre. Les deux trapèze sont suspendus à la même hauteur en partant de deux plates-formes situées de part et d’autre. Il permet des passages croisés nombreux et variés, et des retours aussi acrobatiques que les figures de l’aller, mais ne permet pas de faire le triple saut périlleux (on dit que Rainat l’aurait rattrapé une fois).

Le bâton-porteur qui consiste à passer d’un trapèze à un porteur. C’est un trapèze en pente : le voltigeur part d’une hauteur surélevée et le porteur se suspend sur un autre trapèze accroché plus bas. Il permet de rattraper plus facilement des acrobaties, le porteur ne quitte pas le voltigeur des yeux et étant suspendu plus bas. il y a plus de hauteur donc plus de temps pour effectuer des figures. On peut effectuer le triple saut périlleux et même le quadruple (seul Miguel Vasquez le faisait régulièrement). Par contre les retours sont souvent peu variés car il faut remonter, et les passages croisés sont limités.

C’est la communication sur le triple, amplifiée par le cinéma (film Trapèze) ou la télévision qui fait pratiquement disparaître le bâton-bâton dans les années 50 (les Alizés qui étaient à l’origine une troupe de bâton-bâton ont eu Leur récompense à Monté Carlo en bâton-porteur). Les Zemganos, dernière troupe française a arrêté en 1989.

Mais, pour l’apprentissage, le bâton-bâton est très formateur, il impose une rigueur dans la technique qui est très rapidement transposable. Le trapèze au porteur s’est développé parallèlement et a permis avant 1900 de réaliser le triple saut périlleux montrant l’avance qu’a eu cette discipline dans le domaine de l’acrobatie en comparaison les premiers doubles saut périlleux sont apparus en gymnastique dans les années 50-60, avant c’était considéré comme du « cirque ».

Au niveau de la sécurité, les banquettes de foin ont très vite été remplacées par des fosses remplies de sciure ; la sciure fraîche en tas de plus de 3 m de haut permettait des réceptions sans danger. Elle prend la forme du corps et l’arrête à la manière d’un matelas coquille. Mais elle a comme principaux inconvénients de se loger dans les habits le nez et les oreilles, il faut la bêcher après chaque chute et quand elle vieillit, elle pourrit et abrite divers animaux. Il faut donc la changer assez souvent. En spectacle c’est le filet de sécurité inventé par Amoros qui est utilisé. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, ils étaient en coton ou en chanvre ce qui les rendait fragiles ; il n’était pas rare qu’un filet se déchire. Actuellement ils sont en Polyamide (nylon par exemple). Cette matière a la propriété d’avoir un domaine élastique important et un grand (30 %) allongement à la rupture ce qui lui permet d’absorber beaucoup d’énergie avant de se déchirer. Il est assez sensible aux ultraviolets et par exemple nos filets exposés pendant 4 ans à la lumière naturelle perdent jusqu’à 60 % de leur résistance initiale. C’est pour cette raison que nous préférons les surdimensionner et améliorer l’absorption par des ressorts en acier. On ne voit plus de déchirure dans les filets.

Les numéros qui ont marqué l’histoire du trapèze volant furent entre autres, au bâton-bâton, les Alex, les Rainats au début du siècle. Ils rattrapaient le trapèze après un double saut périlleux, et des passages croisés comme le salto avec une passe simple en dessous. Entre les deux guerres les Alisés avait un numéro élégant et Pierre Alizé rattrapait le double en partant de la plate-forme. Puis ce furent les Zemgano qui perdurèrent le bâton-bâton en y incoporant des passages en lumière noire, avec des tenues phosphorescente sans lumière et terminaient leur numéro dans un nuage de bulles de savon quand la lumière se rallumait.

Il y a une vingtaine d’année un Hommage à Léotard disposa deux lignes de trapèze volant l’une au dessus de l’autre, donnant une autre dimension à cette discipline. Les Algévols entre les deux guerre ont créé un numéro en croix avec une ligne en Bâton-Porteur croisée avec une ligne en Bâton-Bâton.

Au bâton porteur ce fut Alfredo Codona dans les années 20 et 30 qui est resté dans les mémoires pour son élégance. Il rattrapait le triple mais ce n’était pas le premier, une jeune Russe l’avait rattrapé avant 1900 et d’autres voltigeurs plus tard.

Dans les années 70, les flying Mikael ont été un modèle de technique, avec un voltigeur très puissant qui maintenait son équerre pratiquement en planche. Les Coréens firent évoluer les numéros en ajoutant des balançoires russes qui permettaient des vols très spectaculaires et des porteurs au niveau du pont afin de multiplier les trajectoires. Le numéro Russe des Kraines (Grues) par sa mise en scène ouvrait d’autres perspectives aux numéros de trapèze volant. Miguel Vasquez est entré dans la légende en rattrapant régulièrement le quadruple saut périlleux pendant de nombreuses années à la fin du XXème siècle. A la même époque les Espana se produisaient en même temps et ont effectués des retours plate-forme originaux comme retour en écart ou en salto et un triple saut périlleux avec une grand virtuosité. Il y a eu aussi des numéros en double ligne ou des numéros en croix comme les Arts Sauts.

D’autres créations Russes, Coréene ou Chinoises ont modifié les structures ajoutant des tremplins, des porteurs sur des systèmes pivotants ou des barres fixes créant des numéros aériens qui s’éloignaient de plus en plus du trapèze volant traditionnel. Actuellement c’est Richard Galvis qui par son élégance et sa virtuosité a notre préférence. Nous n’avons pas pu tous les citer, comme les Gaonas et d’autres, mais le livre « ils donnent des ailes au cirque » pourra combler les amateurs souhaitant plus de précisions.

Le trapèze volant sans filet : une légende !!

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Au cinéma, dans le film « Trapèze » ou « Sous le plus grand chapiteau du monde », pour corser les intrigues on voit de voltigeurs faire du trapèze volant sans filet. Mais c’est au cinéma, réalisé avec des trucages ; Pour le film « Trapèze » la piste du cirque d’hivers pouvait s’enlever pour laisser la place à une piscine et pendant le tournage, le filet était tendu au niveau du sol et était recouvert d’un tapis semblable au tapis de piste.

On ne peut pas faire de trapèze volant sans filet à grande hauteur même avec des longes, le risque est beaucoup plus grand qu’avec un filet. On peut faire du mini-volant sur matelas de réception comme au saut à la perche mais là encore les tapis sont encombrants et chers et l’on a tendance à en mettre « juste ce qu’il faut ». Et il arrive parfois que l’on dépasse les tapis lors d’une chute inattendue. Alors que le filet est très bon marché et on peut en mettre largement afin que la sécurité soit complète. Les tapis amortissent sur une distance de 70 cm alors qu’un filet amortit sur plus de 2 m donc la force d’impacts est trois fois plus faible dans un filet que sur un tapis.

Le trapèze volant consiste à voler d’un trapèze à l’autre et même pour les figures les plus simples, il arrive qu’on ne rattrape pas le trapèze. Un numéro pérenne ne peut pas prendre le risque d’une chute sans protection efficace. Donc contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de numéro de trapèze volant sans filet, enfin, pas qui sont restés vivants.

Des questions ?

Consultez notre FAQ.

Un monde extraordinaire

Le trapèze volant ouvre vers de nouvelles sensations, un monde extraordinaire plein d’illusion, il crée des situations motivantes où chacun se dépasse, où les groupes se renforcent.

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Si on considère le trapèze volant comme une discipline dangereuse où l’on apprend des mouvements stéréotypés, qui, dans ce contexte, aboutissent à effectuer des figures, on peut penser qu’il n’apporte pas plus qu’une autre discipline. Mais le Trapèze Volant, tel que nous le concevons, recèle de nombreuses richesses que je vais vous détailler.

Tout d’abord, il offre diverses situations biomécaniques totalement nouvelles. On alterne quatre contextes où le rapport à la pesanteur est totalement différent :

Debout sur la plate-forme, on ressent la réaction de la pesanteur verticalement comme sur le sol,

Suspendu au trapèze, la réaction ressentie est transmise par les câbles. Elle varie en direction (de plus de 60°par rapport à la verticale) et en intensité allant de 1/2 g (g est l’accélération de la pesanteur) au départ de la plate-forme à 2g à l’aplomb de la suspension où la force centrifuge s’ajoute à la pesanteur.

Pendant la phase de vol, elle est égale à la résistance de l’air soit pratiquement nulle,

Enfin dans le filet, elle est verticale, mais varie de 0 g (au contact du filet) à une dizaine de g (voir plus) dans le fond du filet.

L’alternance de ces quatre contextes mécaniques oblige les élèves à s’adapter et rend le même mouvement (fermeture de l’angle jambes-tronc par exemple), totalement différent suivant qu’il est réalisé en suspension, en vol ou dans le fond du filet. Et même, pendant la suspension ce même mouvement n’offre pas la même difficulté dans les différentes parties du ballant.

Ces situations biomécaniques créent elles-mêmes des illusions (comme une tige droite semble cassée, à la vue, lorsqu’elle traverse la surface de l’eau) : par exemple, le voltigeur, pendant le ballant ne sait pas précisément où il se trouve, car ses repères visuels, kinesthésiques ou musculo-tendineux sont modifiés de façon très progressive. On peut croire qu’il faut avancer pour rattraper un trapèze alors que c’est l’inverse ; il faut reculer. L’élève va devoir identifier ces illusions pour les déjouer, créer des stratégies qui résistent à des modifications de situations comme la fatigue, le stress, le changement de matériel...

Le risque, indissociable des arts du cirque, est associé à un ensemble de notions telles que la peur, le danger, le cran etc, que le trapèze volant permet d’aborder de la meilleure façon : en effet, cette discipline fait peur, (beaucoup plus que le trampoline) mais elle est extrêmement peu traumatisante (beaucoup moins que l’acrobatie, le fil ou le trampoline, il n’est pas rare de voir des trapézistes de plus de 70 ans, Tony Steel actuellement mais, aussi Rainat qui faisait des spectacles à 75 ans ou même Gaston Barth qui voltigeait à 90 ans) : la chute de 6 m de hauteur, dans notre filet, est beaucoup plus douce qu’un saut de 1 m de hauteur sur un petit tapis. En utilisant des plates-formes surbaissées et un apprentissage très progressif, on maîtrise, sans danger cette peur, éducatif après éducatif. C’est dominer sa peur qui est très agréable. Dans tout trapéziste, il y a une intense lutte intérieure entre la peur et le désir de progresser et de faire des choses nouvelles. Cette lutte aboutie, comme une sorte d’équilibre stable, à un état où l’on réussit à la maîtriser bien qu’elle reste présente à l’esprit. Ce phénomène met tout le monde, du débutant au professionnel, à égalité devant la peur. La pratique du trapèze permet de bien dissocier peur et danger et apprend à gérer le risque.

La perte des repères habituels, l'appréhension liée à la hauteur, les divers exercices proposés obligent sur la plate-forme à une attention et une concentration de tous les instants. On ne voit pas les exercices de la même façon, de la plate-forme ou de la place d’un spectateur assis dans son fauteuil. La première fois que l’on est suspendu en écart, la tête en bas, pendant un balancé, on aperçoit le ciel sous ses jambes, le filet qui défile au-dessus de sa tête et la plate-forme qui s’approche menaçante. A ce moment-là, tendre ses jambes ou modifier sa position, chose aisée pour le spectateur, demande d’énormes efforts à l’élève.

La rapide progression que l’on observe dans un stage ne permet pas d’automatiser tous les mouvements de base, et c’est donc une succession de mouvements volontaires que doit réaliser le voltigeur tout en essayant de retrouver des repères. Ce mode de travail en mouvements volontaires successifs est très difficile à gérer pour le cerveau, mais très formateur pour les élèves en les poussant sans cesse à rester concentré et à dépasser leurs limites.

C’est un agrès particulièrement athlétique, il suffit pour s’en convaincre, de sentir les courbatures chaque fois que l’on reprend le trapèze volant après une période de vacances. Les perchistes Français Thierry Vigneron, Pierre Quinon et toute l’équipe entraînée par Jean-Claude Perrin se sont entraînés au trapèze volant pour rendre plus ludique leur préparation physique. Le fait de fouetter les jambes à un moment où le corps est soumis à une accélération supérieure à deux fois la pesanteur fait travailler les abdominaux et les muscles des épaules, à une intensité maximale pour chacun. La hauteur et la plate-forme qui s’approche font oublier le poids des jambes que l’on lève. Le trapèze volant créé des situations où l’élève puise au fond de ses ressources musculaires sans qu’il y ait de contrainte, avec même un certain plaisir.

L’apprentissage des figures vise à optimiser les mouvements afin que les éléments soient réalisés avec plus d’aisance (voire de la virtuosité) comme un perchiste ou un gymnaste améliore sa technique pour gagner en hauteur, en amplitude. C’est cette aisance qui permet de prendre confiance en soi et de maîtriser son corps, afin de diminuer les risques et de repousser les limite de la peur. Cette aisance est source de beauté tant pour le spectateur qui apprécie un mouvement fluide effectué avec facilité que pour le trapéziste qui ressent en lui-même, la maîtrise de ses gestes.

Au niveau du courage, l’intensité du travail de concentration, des efforts musculaires, de la motivation font que la douleur d’une ampoule qui s’ouvre apparaît bien minime à côté du plaisir qu’éprouve l’élève trapéziste. C’est au point qu’il n’est pas rare qu’un ou qu’une élève ayant deux ampoules ouvertes sur chaque main demande des pansements pour pouvoir continuer. Quand on compare cette attitude avec celle de nombreux élèves qui se font dispenser d’EPS pour un “bobo”, on se dit que les situations créées doivent être extraordinairement motivantes.

Au niveau de la dynamique de groupe le fait de découvrir ensemble un monde nouveau, d’être obligé de dominer sa peur, de voir, les autres élèves, faire eux aussi, de gros efforts, impose le respect entre les élèves qui, soudain, se mettent à se motiver, à se soutenir moralement. Cela soude un groupe en créant des souvenirs communs d’entraide, d’émotions et d’efforts partagés. Ce n’est pas par hasard que les professeurs du collège de Saint Donat ont demandé chaque année pour la semaine d’intégration des 6èmes à La Jarjatte, le Trapèze Volant, alors que la première réaction de la Principale fut “le trapèze volant ! Et pourquoi pas la montgolfière !”